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Coronavirus : que faut-il penser de la baisse des indicateurs ?

2020-05-23T06:57:01.407Z

Les experts et les autorités oscillent entre espoir et prudence.


Réanimations, décès, contaminations... Près de 15 jours après le déconfinement en France, ces indicateurs sont globalement positifs. Les autorités appellent à la prudence et jugent qu'il est trop tôt pour en tirer des conclusions. Même si certains scientifiques sont plus optimistes.

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Premier indicateur crucial : les admissions en réanimation. Leur «nombre journalier (...) est toujours en diminution depuis le 8 avril», souligne l'agence sanitaire Santé publique France dans son bulletin publié jeudi.

Actuellement, environ 1700 malades sont hospitalisés en réa pour une forme sévère de Covid-19. Ils étaient 2200 une semaine auparavant, et 7148 le 8 avril pour le plus haut total jamais atteint (on était alors en plein confinement, appliqué du 17 mars au 11 mai).

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De même, les décès sont en baisse régulière. Entre mercredi et vendredi, 74 malades du Covid-19 sont morts. On est très loin des bilans quotidiens de début avril : entre le 5 et le 6 avril, on relevait plus de 600 morts rien qu'à l'hôpital. Au total, plus de 28.000 personnes sont mortes en lien avec le Covid-19. Cependant, pour cause de long weekend de l'Ascension, les données concernant les Ehpad - parfois erronées - n'ont pas été actualisées par rapport à jeudi et ne seront mises à jour que lundi.

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Partout en France, cette épidémie s'est accompagnée d'un excès de mortalité, souligne Santé publique France. Cet excès de mortalité «tend à revenir à des niveaux habituels», selon l'agence sanitaire. Elle observe également une diminution des passages aux urgences pour Covid-19, ce qui «traduit une diminution des nouvelles contaminations».

Encore trop tôt

Toutefois, selon les autorités sanitaires, il est prématuré de se réjouir. «Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'aujourd'hui, on n'a pas de signal d'alerte mais qu'il est trop tôt pour tirer de ce constat que tout va aller bien», déclare à l'AFP Daniel Lévy-Bruhl, responsable de l'unité des infections respiratoires de Santé publique France. «Il y a un décalage entre ce qu'on mesure aujourd'hui et ce à quoi ça correspond: ce qu'on mesure aujourd'hui, c'est encore les bénéfices du confinement», poursuit-il.

Mécaniquement, la levée du confinement le 11 mai va forcément aboutir à une augmentation du nombre d'infections puisque les contacts entre les gens vont se multiplier, préviennent les autorités. «Toute la question, c'est de maintenir cette augmentation dans les limites de ce qui est acceptable», souligne le Dr Lévy-Bruhl.

La hantise du gouvernement est un retour au scénario d'avant le confinement, avec une explosion du nombre de cas qui saturerait le système de santé. Pour l'éviter, il s'appuie sur un dispositif combinant les tests, le repérage des personnes en contact avec un cas positif (ou «contact tracing») et l'isolement des malades.

Pour l'heure, Santé publique France a recensé 46 foyers d'infection (ou «clusters») à travers le territoire. Pour la plupart, les premiers cas datent d'avant la levée du confinement. «La vision optimiste, c'est que l'identification d'un cluster est une bonne nouvelle car ça confirme la capacité du dispositif à les identifier et à casser les chaînes de transmission», commente Daniel Lévy-Bruhl. «Le risque d'une deuxième vague existe, il nous appartient à tous collectivement de faire que ça ne survienne pas», ajoute-t-il.

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A rebours du discours dominant, quelques scientifiques, minoritaires mais de plus en plus nombreux, jugent que l'épidémie touche à sa fin. Certains estiment que l'épidémie a touché tous ceux qu'elle pouvait toucher. Leur argument central : il est faux de considérer que l'intégralité de la population est une cible. «Une partie non négligeable de la population pourrait ne pas être sensible au coronavirus, parce que des anticorps non-spécifiques de ce virus peuvent l'arrêter», dit à l'AFP l'épidémiologiste Laurent Toubiana.

Prudence

Un avis partagé par le Pr Yonathan Freund, urgentiste à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Il est frappé par la baisse drastique du nombre de contaminations chez ses collègues par rapport au début de l'épidémie. «Aux urgences et à l'hôpital, on est particulièrement exposés. Si le virus circulait autant qu'avant et qu'on était tous susceptibles d'être touchés, on se serait contaminés entre nous ou on l'aurait été par les malades», explique-t-il à l'AFP. «Or, une grande majorité des médecins n'ont pas été touchés du tout. C'est de la pure spéculation mais ça pourrait vouloir dire que des gens ont une immunité naturelle ou acquise», avance-t-il.

Depuis la levée du confinement, le gouvernement répète qu'il faudra attendre au moins deux semaines pour commencer à y voir plus clair. «Je comprends qu'on soit très frileux à l'idée de faire une nouvelle prophétie, car tout le monde s'est tellement planté au départ et moi le premier», avance le Pr Freund.

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Source: lefigaro

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