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Football : « J’ai tourné un film avec Vincent Cassel », se souvient l’entraîneur adjoint de Nogent

2020-10-24T12:02:09.032Z

Il y a six ans, Abdel Addala a rencontré la réalisatrice Maïwenn au centre de rééducation de Capbreton. Elle a décidé de le faire jouer aux


Un mal pour un bien. Cette expression illustre parfaitement l'incroyable expérience qu'a vécue il y a six ans Abdel Addala, l'entraîneur adjoint de Nogent-sur-Oise (R 2), attendu ce dimanche (15 heures) à Miannay-Moyenneville (Somme).

En mars 2014, alors qu'il évolue encore sous les couleurs de Creil, le milieu offensif est victime d'une rupture du tendon d'Achille à la cheville gauche. Sur les conseils de son coach, Dominique Garat, aujourd'hui directeur sportif à… Nogent, il rejoint le centre de rééducation de Capbreton, lieu privilégié des blessés au long cours.

C'est là qu'il fait, au détour d'un couloir, une rencontre peu banale : celle de la réalisatrice à succès Maïwenn, à l'initiative notamment du film Polisse, sorti en 2011. « Pour nous, elle était là pour soigner son genou, mais en réalité, elle était en repérage pour son prochain film, sourit l'adjoint de 37 ans. On a fait connaissance avec quelques autres pensionnaires, et on ne s'est plus lâchés pendant une semaine. »

L'histoire aurait pu se résumer à ce court séjour passé en bonne compagnie. Mais trois semaines plus tard, le téléphone sonne : Maïwenn est au bout du film, et propose au Creillois de tourner dans son prochain long-métrage, aux côtés d'un certain Vincent Cassel mais également d'Emmanuelle Bercot et Louis Garrel.

« Dans tous ses films, Maïwenn s'appuie sur des gens qui jouent un rôle qu'ils tiennent dans la vraie vie, sans forcément qu'ils soient acteurs, explique l'ancien milieu de terrain. Et, dans celui qu'elle préparait, « Mon roi », une avocate se blesse au ski et doit partir en rééducation, où elle rencontre une bande de jeunes qui vont l'aider à remonter la pente. »

L'un de ces jeunes sera donc incarné par Abdel Addala, commercial dans le civil. Le tournage, à Capbreton puis à Paris, dure près de trois mois, et le Picard y fait la connaissance de Vincent Cassel, le célèbre acteur de « La Haine ».

Acclamé par la foule sur le chemin du Palais

« Il était bienveillant, avenant, se souvient le Nogentais. C'est l'un des plus grands acteurs français, et quand tu vois la simplicité du bonhomme et le respect qu'il avait pour nous… C'est inoubliable, ça restera marqué à vie. Dans dix ou quinze ans, je pourrai dire à mes enfants que Papa a tourné avec Vincent Cassel. Et j'aurai un film pour leur prouver ! Parfois, j'y repense et je me dis que ce n'est pas possible, je n'ai pas pu vivre ça… »

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Abdel Addala n'est pas au bout de ses surprises, et la belle histoire va virer au conte de fées. Un soir, réunie chez Maïwenn devant un match du PSG, l'équipe de « Mon roi » apprend que le film vient d'être nommé au Festival de Cannes. Direction la Croisette pour le footballeur amateur, qui bascule dans un autre monde. « J'ai vécu une semaine de star, s'amuse-t-il. Certains potes m'ont vu à la télé et m'ont appelé en me demandant : c'est vraiment toi ? On dormait dans les plus grands hôtels, on avait des voitures avec chauffeur, on allait chez Dior pour s'habiller et aller regarder les films le soir. Je croisais les plus grandes stars planétaires. J'étais emporté par un truc qui me dépassait. »

À l'heure du dîner, l'éducateur partage sa table avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche ou Leïla Bekhti. « Le jour de la présentation du film, on a fait à pied le trajet de 800 m qui séparait l'hôtel du Palais, se souvient Addala. Je marchais à côté de Vincent Cassel, les gens nous acclamaient. C'était un truc de fou. En arrivant dans la salle, 8 000 personnes nous ont applaudis. Émotionnellement, c'était très fort. Et je me rappelle toujours que ce qui m'a mené jusque-là, c'est une rupture du tendon d'Achille… »

Au retour de Cannes, où le long-métrage a décroché le prix d'interprétation féminine pour Emmanuelle Bercot, la parenthèse enchantée se referme. Et, si quelques réalisateurs lui proposent d'autres projets, il préfère reprendre son existence d'avant. « C'est un vrai métier, et je ne suis pas acteur, souffle l'adjoint de Christian Castello, qui échange régulièrement avec son amie Maïwenn. Ma vie n'était pas là. Je ne me voyais pas tout plaquer pour me consacrer au cinéma, c'était aléatoire. Je n'ai aucun regret. Je suis juste heureux de me dire, parfois, que j'ai fait un truc que presque personne n'a fait… »

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Source: leparis

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