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Plan cancer : donnez votre avis sur les pistes de l’Institut du cancer

2020-09-22T04:43:45.078Z

Pour la première fois, l’Institut du cancer soumet 220 propositions, que nous révélons, au grand public afin d’établir sa stratégie pour les


En rémission d'un cancer du sein, Christel Balme peste contre tous les « frais cachés » dont on parle si peu : soutien-gorge spécialisé, crèmes apaisantes, fortifiant pour les cils… Guéri d'un cancer du testicule, Olivier Jérôme ne connaît que trop bien les tabous et plaide pour une « vraie » vulgarisation de l'information sur les pathologies masculines. Fabrice, lui, n'est pas malade. Mais il a passé les 50 ans et s'interroge sur le dépistage du cancer de la prostate : « On entend tout et son contraire, ce n'est pas rassurant. »

LIRE AUSSI > Le président de l’Institut national du cancer ambitionne «60 000 cas de moins par an en 2040»

Et vous ? Que vous soyez parmi les 382 000 nouveaux patients que le cancer atteint chaque année, un aidant, un médecin ou un simple citoyen, votre avis, vos critiques, vos conseils peuvent être une clé de la future stratégie de lutte contre ce mal qui nous touche tous, de près ou de loin. Ce mardi, l'Institut national du cancer (INCa) lance la première consultation citoyenne sur la question.

Harmonisation du prix du tabac au niveau européen, fiscalité sur l'alcool, vaccination HPV pour les garçons, meilleure évaluation des dispositifs médicaux, développement de l'intelligence artificielle… Ses 220 propositions - « dégraissées des termes techniques pour être accessibles », souligne l'INCa - sont soumises pendant trois semaines au public pour être enrichies. Vous pouvez participer à la consultation citoyenne ici, ouverte depuis ce mardi et jusqu'au 15 octobre.

Le tout aura une importance capitale : il servira à la finalisation de ce qui deviendra le Plan cancer des dix années à venir. Avec des objectifs ambitieux : réduire de 60 000 par an le nombre de nouveaux cas, dépister un million de personnes supplémentaires, réduire d'un tiers les séquelles qui persistent après les soins, s'attaquer aux crabes les plus résistants, dans les poumons, le pancréas, le système nerveux central… Aujourd'hui encore, même si le Congrès de l'Esmo (un des plus importants en cancérologie, qui s'est achevé ce lundi) prouve que les avancées sont bien réelles, la survie à cinq ans avec ces cancers est de moins de 20 %.

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« Recueillir l'opinion de la population est une démarche vraiment intéressante, pointe le sociologue Henri Bergeron, directeur de recherches au CNRS, spécialiste des politiques de santé. C'est être au plus près de ses difficultés. Un exemple : on parle de l'exercice physique comme outil de prévention, mais combien de personnes sont éloignées de complexes sportifs ? Aux décideurs publics de faire le difficile travail de hiérarchisation. Car le risque, si tout devient priorité, est que plus rien ne le soit vraiment. »

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« Une consultation a tout son sens. Il y a très peu d'exemples similaires en santé, si ce n'est pour la vaccination en 2016. Reste à la faire connaître et on n'est pas très doués en France pour cela », soulève Patrick Zylberman. L'historien de la santé incite à participer à la consultation citoyenne. « Il faut que la population soit cohérente. Elle demande souvent d'être actrice, c'est là une bonne occasion. »

Des propositions chocs

Augmenter le prix du tabac. Il est responsable de 45 000 décès par cancer par an. Une harmonisation de la fiscalité au niveau européen pour lutter contre son achat chez nos voisins est aussi proposée.

Un prix minimum pour l’alcool, à l’image de l’Ecosse qui a mis en place la mesure en 2018. Davantage de taxes pour les publicités et actions marketing des industriels sont envisagées.

Amplifier les dépistages, pour toucher un million de personnes supplémentaires par an en 2025. L’INCa veut favoriser les autoprélèvements, pour le cancer colorectal notamment, avec des kits à commander en ligne. Une réflexion sur le dépistage organisé du cancer du poumon est lancée.

La vaccination HPV pour les garçons aussi. Les papillomavirus causent 6 300 cancers par an. Aujourd’hui, seules 25 % des filles sont vaccinées. Objectif : 80 % d’ici à 2030, en intégrant les garçons, et la possibilité de leur en parler lors du nouvel examen de santé obligatoire entre 11 et 13 ans.

Traquer les « fake news ». Contre les remèdes « miracle » et les fausses informations, mettre en place un dispositif visant à les repérer et les démonter.

Une « filière » des séquelles, avec des parcours organisés pour les aborder dans leur globalité : douleurs, infertilité, troubles sexuels, dépression…

Etendre le droit à l’oubli, en le ramenant de dix à huit ans après la fin du traitement.

Mobiliser l’intelligence artificielle, notamment contre les cancers dits de mauvais pronostic (poumon, pancréas, sein triple négatif, système nerveux central…). Elle pourrait aider à prédire l’efficacité de traitements.

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Source: leparis

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