The Limited Times

Now you can see non-English news...

Le président de l’Institut national du cancer ambitionne «60 000 cas de moins par an en 2040»

2020-09-22T04:07:47.204Z

Le professeur Norbert Ifrah, président de l’Institut national du cancer, nous dévoile en exclusivité la stratégie en cours d’élaboration pou


Ce n'est pas rien de dessiner les contours de ce qui sera la stratégie de lutte contre les cancers pour les dix prochaines années. Dans ses tablettes, le professeur Norbert Ifrah a 220 propositions. Pour la première fois, le médecin, président de l'Institut national du cancer (INCa), les soumet à la population. Critiques, conseils, challenge… il prend tout avant de rendre sa copie finale au gouvernement, début 2021.

Si on suit votre nouvelle stratégie, quel visage aura le cancer en France dans dix ans ?

NORBERT IFRAH. Cette stratégie a clairement pour objectif de réduire de manière extrêmement significative le nombre de malades qui vont avoir un cancer et ceux qui vont mourir de la maladie. Nous ambitionnons 60 000 cancers de moins, par an, à l'horizon 2040. C'est faisable, 40 % sont évitables par nos simples comportements individuels, mais il y a du travail. On doit s'y mettre, maintenant et tous ensemble, pour y arriver. J'invite donc le plus de monde possible à participer à notre concertation citoyenne.

Vous écrivez en préambule : « Si vous donnez votre avis, nous pourrons mettre fin aux cancers. » N'est-ce pas utopiste ?

Vous savez, quand j'ai commencé à faire de l'hématologie (NDLR : la science qui étudie le sang et ses maladies) à la fin des années 1970, on sablait presque le champagne quand un patient survivait. Aujourd'hui, on fait une cellule de crise lorsqu'il meurt. Oui, je crois qu'on peut être drastique avec cette maladie. Il y a les cancers que l'on va éviter en renforçant la prévention, ceux dont on va mieux comprendre la biologie, ceux que l'on va guérir avec moins de toxicité. Le thème des séquelles n'est pas suffisamment investi - un pas décisif doit être fait dans les dix ans à venir. Il faut aussi faire disparaître l'ombre de mort qui accompagne certains cancers, ceux de mauvais pronostics (poumon, foie, œsophage) ou les incurables qui résistent à nos avancées. Ce n'est pas parce qu'on guérit de plus en plus de cancers que cela rend acceptables ceux qu'on ne guérit pas.

Les concertations, c'est surtout très à la mode…

Je suis bien loin des effets paillette ou de communication. Pour la première fois, avant sa publication, nous exposons, en toute transparence, la totalité de notre plan et disons aux Français : « Vous êtes les premiers concernés, donnez votre avis. » Quels sont vos freins au dépistage ? De quoi avez-vous manqué ? Avez-vous pu parler de vos séquelles ? A quels messages êtes-vous sensibles ? En clair, réagissez à nos propositions, critiquez-les, améliorez-les, challengez-nous !

Newsletter - L'essentiel de l'actu

Chaque matin, l'actualité vue par Le Parisien

Je M'inscris

Votre adresse mail est collectée par Le Parisien pour vous permettre de recevoir nos actualités et offres commerciales. En savoir plus

Le dépistage est un enjeu majeur ?

Oui, et il souffre d'un manque d'adhésion de la population. Exemple : on a 32% de dépistage du cancer colorectal en France. C'est d'autant moins satisfaisant que, dépisté tôt, ce cancer a 90% de chance d'être guéri à cinq ans! Il faut en améliorer l'accès. Nous proposons de pouvoir commander directement des kits sur Internet. La réflexion est ouverte pour tous les dépistages organisés : on doit trouver la bonne solution pour la prostate. Réfléchir à sa mise en place pour le poumon.

Comment on évite un cancer ?

En modifiant raisonnablement nos comportements. On sait que ça marche. Regardez la cigarette, les Américains ont pris le problème à bras-le-corps en 1992. Ils signalent aujourd'hui une diminution des cancers du poumon chez l'homme de 6% par an depuis dix ans ! On peut, nous aussi, gagner si nous amplifions la prévention. Je ne crois pas en l'efficacité d'une interdiction mais le plan insiste sur les aides au sevrage, l'augmentation du prix du tabac, l'accès aux substituts nicotiniques…

Ombre au tableau : le Covid. L'institut Gustave-Roussy estime à 5% la surmortalité par cancers liée au virus…

Un nombre significatif de malades n'ont pas été opérés pendant le confinement. Il faut rattraper ce retard le plus vite possible mais imaginez la difficulté : avant le confinement, les établissements tournaient déjà à 90 % de leurs capacités. Un vrai travail de priorisation est en cours.

This news is expired in our cache, please access its source.

Source: leparis

You may like

Sports 2020-09-18T06:31:51.705Z

Trends 24h

Life/Entertain 2020-10-24T08:28:17.160Z
Life/Entertain 2020-10-24T08:29:39.182Z
Life/Entertain 2020-10-24T08:09:06.757Z

Latest

© Communities 2019 - Privacy