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Covid-19 : ces médecins hyperactifs devenus des stars sur les réseaux sociaux

2020-07-05T10:28:27.885Z

Depuis le début de la pandémie, de nombreux médecins, généralistes ou spécialisés, commentent les actualités liées au coronavirus. De plus e


Ils forment une communauté numérique qui s'est largement ouverte au grand public à l'occasion de la crise du coronavirus. Sur Twitter, de très nombreux médecins partagent depuis le début de l'année leurs commentaires, expertises, et autres coups de gueule sur la pandémie du Covid-19. Anonymement ou non, ils sont très actifs, très suivis et très relayés.

Qui se cache derrière ces pseudos? Beaucoup sont de « simples » médecins généralistes un peu partout en France. Dans le Morbihan, Yvon Le Flohic - alias « DrGomi » - a été certain, fin février, que l'épidémie allait arriver en France. Twitter lui a surtout servi à trouver des informations scientifiques sur ce virus jusque-là inconnu. En France, mais aussi à l'étranger. Il scrute notamment les dires du virologue allemand Christian Drosten, très écouté de l'autre côté de la frontière.

la levée du confinement provoque systématiquement un redémarrage de l épidémie, la première question est de savoir si nous nous donnons les moyens de le détecter ; ce redémarrage s effectue chez des personnes bien plus jeunes en moyenne, avec moins de symptomes, moins de cas 1/ https://t.co/surSXqQgAU

— Le Flohic (@DrGomi) June 30, 2020

« Sans Twitter, on aurait été dans la mouise. C'est devenu le lieu d'échange informel entre médecins », résume-t-il. Tout n'est pas resté virtuel. Lorsqu'un centre médical Covid a ouvert à Ploufragan, début avril, la poignée de médecins exerçant dans la commune, dont lui, a trouvé sur le réseau social des informations et des idées pour prendre en charge les patients le mieux possible.

« J'essaye d'avoir des mots simples pour expliquer »

Les conseils arrivent notamment de l'autre côté du pays, touché en premier par la pandémie. C'est dans le Grand Est qu'exerce notamment Florian Zores. « Jusqu'en février, Twitter était surtout un outil de bibliographie. Puis c'est devenu un excellent moyen de discussion entre médecins », estime ce cardiologue. « Au début, je m'en servais pour dire ' au secours ', afin de donner l'alerte. Les instances qui auraient dû nous aider ne l'ont pas du tout fait, l'Autorité régionale de santé était totalement absente », juge de son côté « DocArnica ». Cette médecin généraliste à Strasbourg, âgée de 57 ans, s'est d'abord servie de Twitter comme exutoire à la situation tragique qu'a vécue sa région dès la fin du mois de février.

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DocArnica n'est pas la seule à préférer rester anonyme sur le réseau social - ou plutôt « pseudonyme », sa véritable identité étant trouvable par quiconque le souhaiterait à tout prix. C'est aussi le cas de « Le Doc », l'un des médecins les plus suivis avec près de 50 000 abonnés. Se cache derrière ce pseudo un radiologue et médecin légiste, âgé d'une cinquantaine d'années, qui exerce en Normandie.

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« Je trouvais que l'information médicale sur les réseaux sociaux était soit trop compliquée, entre médecins et initiés, soit totalement farfelue. J'essaye d'avoir des mots simples pour expliquer », nous décrit celui qui se voit comme un « vulgarisateur ».

Une centaine de messages reçus par jour

Comme photo de profil, il a choisi le visage masqué d'Hugh Laurie, l'interprète du fantasque Dr House. D'ailleurs, Le Doc alterne expertises scientifiques assez pointues, par exemple sur le nombre de reproduction R, conseils médicaux et… autres messages beaucoup plus légers.

R0 et Re (R effectif), ou Rt, de quoi parle-t-on ? #COVID19
[mini thread]

Le R0 est le nombre moyen de personnes qu’une personne contagieuse peut infecter. Ce taux se calcule à partir d’une population vierge entièrement susceptible d’être infectée (ni vaccinée ni immunisée) pic.twitter.com/skOegtpu9B

— Le Doc (@Le___Doc) June 19, 2020

Dès le début de la crise du coronavirus, Le Doc a souhaité faire de la prévention, « expliquer au maximum que des mesures, comme le port du masque, étaient nécessaires pour que l'épidémie ne flambe pas trop ». Son compte gagne 25 000 abonnés rien qu'en mars, grâce à un passage - anonyme aussi - dans un journal télévisé.

En conséquence de cette nouvelle popularité, le médecin reçoit alors, chaque jour, une centaine de messages d'internautes lambda. « C'était très souvent la même chose : des gens disant qu'ils avaient tel signe clinique et qui se demandaient s'ils pouvaient avoir le Covid », raconte-t-il. Ce père de famille s'attache à répondre à beaucoup d'entre eux, « le soir, le week-end ou la nuit quand je ne dors pas ». Soit avec des « conseils de bon sens », soit pour recommander d'aller voir leur médecin traitant. « J'essaie de répondre aux messages car les gens sont inquiets et anxieux pour des choses qui nous semblent évidentes », témoigne aussi Yvon Le Flohic.

Insultes et échanges houleux sur l'hydroxychloroquine

D'autres échanges sont beaucoup moins aimables. Un sujet, en particulier, cristallise les insultes et les menaces autant qu'il alimente les fantasmes. Depuis que le Pr Didier Raoult fait la promotion de l'hydroxychloroquine, assurant que la molécule est efficace contre le Covid-19, beaucoup de médecins internautes ont clairement pris parti contre ce traitement.

Fin février, alors qu'il est encore en vacances au ski, Florian Zores entend le Pr Raoult défendre l'hydroxychloroquine dans ses vidéos YouTube. Il fait alors publiquement part de son avis opposé. « Je ne suis pas anti chloroquine, mais je constate les faits. Et je dis simplement : montrez-moi que telle étude dit que ça marche », narre-t-il. En retour, il reçoit progressivement de plus en plus d'insultes. « Ça devient vite extrêmement fatigant et usant et ça m'a nerveusement épuisé », se rappelle-t-il. Au point qu'il coupera Twitter pendant quelques jours.

Il y a 4 mois un petit groupe de médecins et scientifiques a alerté sur le piétinement de la méthode scientifique et la promotion d'un traitement non éprouvé. D'autres depuis on rejoint le navire et pris les rames des précurseurs un peu fatigués.

— Florian Zores (@FZores) June 23, 2020

part

« Au début, on ne savait pas si l'hydroxychloroquine marchait, mais on savait que la méthode avec laquelle Raoult prétendait le montrer n'était pas bonne », se souvient de son côté Le Doc. Lui aussi va faire part de ses doutes. Il va notamment, comme tout le monde, commenter l'article du Lancet attestant d'un risque supplémentaire de troubles cardiaques en cas de prise d'hydroxychloroquine, fin mai.

Patatras : cette étude s'est révélée fausse, les données étant mauvaises ou, a minima, tronquées. La prestigieuse revue médicale britannique a fini par retirer l'article de son site. « J'ai fait une erreur, j'ai été trop vite et j'ai eu le malheur de faire trop confiance au Lancet. D'habitude, pour savoir si on pouvait tirer quelque chose d'une étude, on en regardait la méthodologie. Là, la méthode était bonne, mais les chiffres ne l'étaient pas. On s'est tous fait embarquer », regrette le radiologue, qui désactive au passage ses messages privés sur le réseau social.

« Twitter n'est pas la vraie vie »

Yvon Le Flohic préfère se tenir éloigné de tous ces débats qui relèvent, selon lui, « de la croyance, et non plus de la médecine ou de la science ». Aujourd'hui, sur son temps libre et jusqu'à une heure ou deux par jour, il partage notamment avec ses 10 500 abonnés ses mises en garde pour les prochaines semaines. Beaucoup craignent la fameuse « deuxième vague », qu'aucun signe ne laisse pourtant entrevoir pour le moment. « Tout le monde dit que c'est terminé, mais il y a des éléments montrant que ce n'est peut-être le cas. Le virus circule toujours », estime le médecin.

La « deuxième vague », c'est aussi ce qui a valu à Yonathan Freund de se faire connaître. Mi-mai, ce médecin urgentiste à la Pitié Salpêtrière (Paris) détaille dans une longue série de messages pourquoi, d'après lui, une reprise de l'épidémie n'arrivera pas. Une prise de position tranchée qui lui vaut aussitôt d'être invité en plateau des chaînes d'info et dans les médias.

« Je suis devenu un peu identifié sur le Covid », juge de son côté Yvon Le Flohic. Sans oublier de rappeler une évidence, à savoir que « Twitter n'est pas la vraie vie ». Et Le Doc de renchérir : « J'ai envie de donner un peu de mon savoir. Mais la vraie vie, c'est ce que je fais tous les jours auprès de mes patients. »

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Source: leparis

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