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Aides aux commerçants : pour Alexandra, marchande de jeux, c’est le grand flou

2020-12-01T10:10:40.739Z

Touchés par les fermetures administratives pendant les deux confinements, Alexandra et Frédéric Romero, qui gèrent trois boutiques de jeux e


Tout juste 1500 euros au titre du fonds de solidarité. Voilà ce qu'Alexandra et Frédéric Romero, qui gèrent trois magasins de jeux (deux à Paris et un, Cellules grises, dans le centre commercial d'Evry 2), ont touché au printemps, pour passer le cap du premier confinement. Pendant ce temps, leur chiffre d'affaires, lui, accusait une chute de 90 %. Cette petite aide mise à part, le couple a clairement le sentiment d'avoir été lâché au milieu d'une terrible bataille de Risk.

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Les charges sociales ? « Elles sont juste reportées, il faudra les rembourser », souligne Alexandra. Le chômage partiel ? « Ce n'est pas une aide pour les entreprises, mais pour les salariés », poursuit celle qui, avec 14 employés répartis sur trois magasins, doit avancer quelque 30 000 euros par mois à ce titre cet automne. « Ce sont d'énormes avances de trésorerie, qu'on ne récupère qu'avec retard : lors du premier confinement, on a même dû avancer deux mois de salaire », se souvient cette quadra dynamique, qui précise que le chômage partiel se calcule sur la base de salariés à 35 heures. « Or, comme les nôtres travaillent 39 heures, nous devons payer la différence, soit l'équivalent de 224 heures chaque mois. Le problème, comme nos recettes sont quasiment égales à zéro, c'est que toute sortie d'argent est acrobatique », pointe celle qui a par ailleurs commencé, toujours en couple, à négocier avec ses deux propriétaires pour ne pas devoir payer les loyers de novembre (NDLR : les bailleurs qui jouent le jeu bénéficieront de crédits d'impôts).

« Pour l'heure, ils nous ont juste dit qu'ils allaient essayer de trouver une solution, mais on n'a rien de concret pour le moment. » Après ces huit mois si durs, le fonds de solidarité, porté jusqu'à 10 000 euros pour compenser la fermeture de novembre, pourrait, lui, vraiment représenter une embellie. Le hic? D'abord, « on ne peut faire la demande qu'à partir de décembre, on ne sait donc quand cette aide sera débloquée », regrette Alexandra, et surtout, « on ne sait si cette aide s'appliquera par établissement ou par société ». En clair? Si c'est par établissement, chacun des trois magasins pourrait être aidé, ce qui triplerait les sommes allouées. Mais ce point pourtant essentiel reste flou.

«On a perdu 65 % de notre trésorerie depuis mars»

Pour le mois d'octobre, comme il avait dû fermer deux jours (au début du second confinement), le couple a bien cru pouvoir avoir une petite aide, « mais ils ont estimé que notre chiffre d'affaires du mois avait été bon », s'étrangle Frédéric, qui rappelle qu'« octobre a été le début d'un retour à la normale : l'administration regarde sur un mois, alors qu'on a perdu 65 % de notre trésorerie depuis mars ! »

Ces jours-ci, Alexandra et Frédéric ont un autre motif d'inquiétude : et si, fin décembre, leurs propriétaires se retranchaient derrière le fait qu'ils ont perçu le fonds de solidarité pour leur demander… de payer quand même leurs loyers ? « Même si on touchait le maximum, soit 30 000 euros, s'il fallait payer nos 20 000 euros de loyers mensuels, ça serait catastrophique… »

Après avoir obtenu un prêt garanti par l'Etat de 100 000 euros au printemps, le couple hésite à demander un autre prêt. « Même si tout se passait bien à partir de maintenant, avec tout ce qu'on doit rembourser, il nous faudra au moins un an avant d'espérer revenir à une situation normale. »

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Source: leparis

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