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Transport aérien : le coronavirus sera pire que le «11 septembre 2001 ou que la crise de 2008»

2020-03-26T10:27:17.032Z

La situation est «sans précédent» et nécessite l'aide des États, a encore déclaré ce jeudi Alexandre de Juniac, le président de l'Association internationale du transport aérien.


Parmi tous les secteurs mis en difficulté par la crise du coronavirus, l'aérien est l'un des plus touchés, a rappelé ce jeudi le président de l'Association internationale du transport aérien (IATA), Alexandre de Juniac. Mardi, la baisse du chiffre d'affaires entraînée par l'épidémie a atteint «252 milliards de dollars» pour l'ensemble du secteur, a-t-il rappelé, soit une chute de «40% du chiffre d'affaires annuel» de l'industrie. C'est une situation «sans précédent, une crise plus sévère que celle du 11 septembre 2001 ou que la crise financière de 2008. Le sol s'effondre sous nos pieds», a-t-il alerté. L'estimation de l'IATA est désormais deux fois plus importante que les 113 milliards de dollars calculés il y a trois semaines.

À lire aussi : Coronavirus : les compagnies aériennes multiplient les mesures pour encaisser le choc

Cet effondrement est principalement causé par la forte dépendance du secteur à la conjoncture : «le secteur aérien est très fragile. Le trafic dans les airs est généralement égal à deux fois la croissance économique», a expliqué l'ancien patron d'Air France. Il n'est dès lors pas surprenant que la fermeture des frontières et les menaces de récession économique aient engendré une baisse du trafic «de 80 à 90%».

Pour sortir de cette crise, l'IATA demande du soutien aux États, afin d'aider les compagnies à éponger leurs coûts fixes en obtenant «du cash, de la trésorerie». Cet appui peut venir sous plusieurs formes, allant des dons, comme aux États-Unis, aux «crédits, participations ou garanties de crédit». Au total, l'organisation chiffre l'aide nécessaire à «200 milliards de dollars», une somme importante mais «en adéquation avec les différentes aides annoncées par les États», a avancé Alexandre de Juniac. En outre, si le transport aérien est le premier touché, il sera également le premier à accompagner la reprise économique : «quand la reprise viendra, si le transport est affaibli, il n'y aura pas les connectivités nécessaires pour faire repartir les affaires», a-t-il justifié.

Vers une consolidation dans l'aérien ?

Pour l'heure, l'IATA prévoit une courbe d'activité économique non en V - une baisse forte et brutale, suivie d'une reprise tout aussi rapide - mais plutôt en U, où la chute serait suivie d'abord d'une stagnation. «Il faut des engagements extrêmement massifs et rapides, sans quoi le tissu économique sera très abîmé», s'est inquiété son président. La baisse du prix du pétrole ne sera qu'une maigre consolation pour le secteur : malgré l'«aide significative de plusieurs milliards de dollars» que représentent les cours à la baisse, cet allègement est bien loin de compenser les pertes chiffrées à plusieurs centaines de milliards de dollars.

Le paysage industriel risque aussi de sortir transformé de cette période, a indiqué Alexandre de Juniac : «les grosses compagnies auront absorbé les plus petites», un phénomène de consolidation qui accompagnera des faillites et permettra aux entreprises de se renforcer financièrement. «Si ça dure jusqu’à mi-juin, la moitié des compagnies aériennes seront à court de trésorerie», a ajouté l'homme d'affaires. Pour autant, le prix des billets devrait rester bas pendant un moment, avec une «pression à la baisse» le temps que l'activité redémarre. «Cela prendra du temps», selon l'IATA.

Le secteur aérien dans son ensemble appelle à l'aide depuis plusieurs semaines, devant la forte baisse du taux de remplissage des avions. Aux États-Unis, Boeing, déjà lourdement affecté par les catastrophes du 737 MAX, a sollicité l'appui du Congrès, quand la puissance publique française a d'ores et déjà prévu des «dispositions» pour soutenir Air France. «Nous sommes en réflexion sur les mesures qui doivent être apportées», a déclaré Bruno Le Maire mardi.

Source: lefigaro

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