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Coronavirus : un premier TGV évacuera 20 malades de la région Grand Est ce jeudi

2020-03-26T06:58:37.104Z

La SNCF a mis à disposition deux rames TGV pour transporter vingt patients de Strasbourg (Bas-Rhin) vers Angers (Maine-et-Loire) et Nantes (


Par avion, par bateau et désormais par train. Pour désengorger les hôpitaux de la région Grand Est, épicentre de l'épidémie de coronavirus en France, un TGV va évacuer ce jeudi 20 patients vers l'ouest de la France. Une évacuation sanitaire par rail inédit depuis la Seconde Guerre mondiale. « Ce train sera ultra-prioritaire, confie-t-on au sein de la SNCF. Il sera suivi minute par minute par le Centre national des Opérations Ferroviaires (CNOF). Comme lorsque nous transportons le Président de la République ou des déchets nucléaires. » Un choix qui cependant « fait débat », notamment de source sanitaire dans le Grand Est, où on estime que cette opération « est assez risquée, vu la fragilité des passagers ».

Le train circulera à 320 km/h

Le train partira de la gare de Strasbourg (Bas-Rhin) à 10h50 pour une arrivée à Nantes (Loire-Atlantique) à 18h05. Soit plus de sept heures de voyage pour effectuer les 800 km. Deux heures de plus que la normale, puisque le train effectuera un arrêt à la gare d'Angers (Maine-et-Loire) pour y débarquer la moitié des patients. « Ce sont tous des cas sérieux, précise le ministère de la Santé. Ils sont en réanimation. Ils seront dispatchés entre les CHU d'Angers, de Nantes, du Mans (Sarthe) et de La Roche-sur-Yon (Vendée) ».

Pour ce transport hors normes, le TGV circulera à sa vitesse commerciale sur les parties à grande vitesse, autrement dit autour de 320 km/h. « Le concept a été validé l'année dernière, en mai », précise la compagnie. Lors de l'exercice annuel de médecine de catastrophe, qui avait rassemblé 400 personnes pour simuler une attaque terroriste, le Samu de Paris avait remis au goût du jour l'unité mobile hospitalière ferroviaire. Dans une vidéo tournée à l'époque, Pierre Carli directeur médical du Samu de Paris, justifiait cette initiative : « Réhabiliter le concept du train sanitaire […] peut être quelque chose d'intéressant. Nous avons pris l'exemple d'un attentat terroriste, mais il peut y avoir des victimes de catastrophe technologique ou des victimes d'épidémie […] ».

200 cheminots mobilisés

Prévenu de cette évacuation il y a 48 heures, la compagnie a mobilisé environ deux cents cheminots. Il s'agira notamment de sécuriser l'embarquement et les débarquements dans les gares de Strasbourg, de Nantes et d'Angers pour éviter que les patients croisent des passagers. Et de parer à toutes les éventualités : « Sur le parcours, tous les 200 km à 300 km, il y a des locomotives diesel de secours prêt à remorquer le TGV s'il tombe en panne, détaille Pierre Meyer, directeur national des opérations à la SNCF. Elles sont déjà en train de chauffer. Et à bord, nous aurons cinq cheminots. »

Le conducteur du TGV sera accompagné de deux autres conducteurs pour le suppléer en cas de problème. Et outre le contrôleur, obligatoire dans un TGV pour assurer la sécurité des voyageurs, un cheminot spécialisé dans les systèmes électriques sera à bord prêt à intervenir en cas de panne. « Il y aura surtout deux rames de TGV accrochées l'une à l'autre, poursuit Pierre Meyer. La première, tirera le convoi et circulera à vide. Tandis que dans la deuxième seront installés les patients. Si la première rame percute quelque chose ou tombe en panne, on décroche et la deuxième repart. »

30 professionnels de santé pour 20 patients

Dans cette seconde rame, chaque voiture emportera quatre patients, allongés sur des brancards, installés au-dessus des sièges du TGV, accompagnés de leur équipe médicale. Celle-ci est composée d'un médecin anesthésiste-réanimateur, un interne, un infirmier anesthésiste et trois infirmiers. Soit au total 30 professionnels de santé pour 20 patients. « Tout est prévu, estime Pierre Meyer. Le matériel de santé est branché sur batterie et en cas de panne, le TGV a une autonomie de deux heures. Nous sommes prêts ».

Reste que cette première évacuation sanitaire en TGV crée quelques remous. « Cette solution a été imposée par Paris, grince une source sanitaire. Pourquoi aller si loin ? On aurait peut-être pu trouver une solution plus proche. »

En tout cas, à la SNCF, on se tient prêt pour d'autres évacuations : « C'est une fierté, confie ce conducteur de TGV qui souhaite garder l'anonymat. C'est notre métier, c'est le service public. »

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Source: leparis

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